Poisson-lanterne subantarctique (Electrona
carlsbergi)
Répartition
L'espèce a une distribution circumpolaire entre la Convergence
subtropicale et les eaux jouxtant, au sud, le front polaire antarctique.
Elle forme des concentrations denses autour de la Géorgie du Sud et des
îlots Shag. Le poisson-lanterne subantarctique se rencontre
principalement dans les 200 m supérieurs de la colonne d'eau, parfois
aussi plus profondément vers la Convergence subtropicale.
Taille et âge
La taille et le poids dépassent respectivement rarement 10 cm et 14 g. Les
poissons vivent quatre ou cinq ans.
Biologie
Le régime alimentaire est composé principalement de copépodes,
d'amphipodes pélagiques et d'euphausiidés. Les poissons atteignent la
maturité sexuelle entre 75 et 78 mm. La ponte se produirait entre les
zones frontales subantarctique et subtropicale pendant l'été-automne
austral. Les oeufs mesurent de 0,7 à 0,8 mm de diamètre. Cette espèce pond
plusieurs fois pendant la saison de la reproduction. On ignore l'époque de
l'éclosion des larves.
Exploitation
L'Union soviétique a commencé ses opérations de pêche au chalut sur le
poisson-lanterne (déclaré sans faire de distinction sous l'appellation
d'E. carlsbergi) sur le front polaire antarctique dans les années 80. Au
début, les captures annuelles variaient entre 500 et 2 500 tonnes. Elles
ont ensuite augmenté à partir de 1987/88, passant de 14 000 à 23 000-29
000 tonnes les deux saisons suivantes. C'est en 1990/91 et 1991/92
qu'elles ont atteint le record avec respectivement 78 000 et 51 000 tonnes (figure
2). Ne semblant plus rentable, la pêche a été abandonnée pendant la
saison 1992/93.
État de la ressource
L'état des stocks est inconnu. La CCAMLR a imposé un TAC sur la région de
la Géorgie du Sud (sous-zone statistique 48.3).
Bocasse bossue (Gobionotothen
gibberifrons)
Répartition
La distribution géographique de cette espèce est cantonnée au secteur de
l'océan Atlantique (partie nord de la péninsule antarctique, îles de
l'arc du Scotia). Bien que des spécimens en aient déjà été observés à
une profondeur de 750 m, c'est entre 100 et 400 m de profondeur que la
bocasse bossue est le plus abondante.
Taille et âge
Cette espèce peut atteindre 55 cm de longueur et peser entre 1 800 et 2
000 g. Sa longévité en Géorgie du Sud est de 15 à 20 ans.
Biologie
La bocasse bossue se nourrit principalement de proies benthiques telles
que vers tubicoles, ophiures, oursins et mollusques. Elle atteint la
maturité sexuelle entre 34 et 36 cm en Géorgie du Sud et à une taille un
peu moins grande plus au sud. La ponte a lieu à la fin de l'hiver austral,
mais des différences sont observées entre les stocks en fonction de la
latitude. La fécondité varie entre 21 000 et 130 000 oeufs. Diamètre des
oeufs : 2,0 à 2,5 mm. Les larves éclosent du printemps au début de l'été.
Les juvéniles abandonnent leurs moeurs pélagiques pour adopter des moeurs
benthiques à la fin de l'été austral.
Exploitation
Les premières déclarations de capture de cette espèce datent de 1976/77.
Tout comme certaines espèces de Channichthyidae, la bocasse bossue a tout
d'abord constitué une capture accessoire de la pêche au chalut de fond
visant le poisson des glaces. Ce n'est que certaines années, telles que
1977/78 en Géorgie du Sud, que la pêche a visé cette espèce et capturé
entre 5 000 et 10 000 tonnes par an. En 1989, la CCAMLR a fermé la pêche
dirigée sur cette espèce.
État de la ressource
Il semble que le stock des environs de la Géorgie du Sud, après avoir été
surexploité, ait en partie récupéré. L'état du stock autour des îles
Orcades du Sud est inconnu. Celui des alentours de l'île Éléphant semble
ne pas avoir été grandement affecté par la pêche.
Grande-gueule épineuse (Chaenodraco
wilsoni)
Répartition
La grande-gueule épineuse est observée autour de l'Antarctique et sa
limite septentrionale atteint les îles Orcades du Sud et îles Shetland
du Sud. Elle peut même être rencontrée à une profondeur de 800 m.
Taille et âge
Sa taille et son poids maximaux observés sont respectivement de 43 cm et
d'environ 700 g. On ne dispose d'aucune estimation d'âge.
Biologie
La grande-gueule épineuse se nourrit principalement de krill et, dans une
moindre mesure, de poisson. Elle devient sexuellement mature lorsqu'elle
atteint 23 cm de long. La ponte se déroule en octobre/novembre, mais les
lieux de frai sont inconnus. La fécondité des individus de 30 à 32 cm de
longueur varie entre 300 et 2 000 oeufs. Ces oeufs font de 4,4 à 4,9 mm de
diamètre. Les larves écloraient de l'automne au début de l'hiver austral.
Exploitation
Des chalutiers polonais et de l'ex-Allemagne de l'Est ont respectivement
déclaré des captures de 10 100 et 4 300 tonnes provenant de la sous-zone
48.1 en 1978/79 et 1979/80 lorsque des concentrations de grandes-gueules
épineuses ont été découvertes au nord et au nord-est de l'île Joinville à
l'extrémité de la péninsule antarctique
(figure 4). Dans les années
80, cette espèce faisait régulièrement partie des captures d'une pêcherie
exploratoire de l'Union soviétique au large des côtes du continent
antarctique. En fonction des conditions glaciaires et des concentrations
de poissons présentes, ce sont de 270 à 1 800 tonnes qui ont été capturées
chaque année. La pêcherie a été abandonnée à la fin des années 80 quand
elle n'a plus paru être rentable.
État de la ressource
L'état des stocks est inconnu.
Grande-gueule antarctique (Chaenocephalus
aceratus)
Répartition
La distribution géographique de cette espèce est cantonnée au secteur de
l'océan Atlantique (nord de la péninsule Antarctique, îles de l'arc du
Scotia, île Bouvet). Il est arrivé que la grande-gueule antarctique soit
observée à une profondeur de 770 m mais c'est entre 100 et 350 m de
profondeur qu'elle est le plus abondante.
Taille et âge
Les femelles atteignent 70 à 75 cm de long pour un poids de 3 800g et
les mâles, 55 à 58 cm pour un poids de 1 300 g. En Géorgie du Sud, cette
espèce vit entre 13 et 15 ans.
Biologie
Les post-larves et les juvéniles de moins de 30 cm se nourrissent
principalement d'organismes pélagiques et benthopélagiques tels que le
krill et les mysides. Les juvéniles plus âgés et les poissons adultes
vivent sur le fond et se nourrissent surtout d'autres poissons. Les mâles
arrivent à la maturité lorsqu'ils atteignent 35 à 45 cm de long, les
femelles lorsqu'elles atteignent 45 à 55 cm de long. L'espèce pond d'avril
à juillet dans les eaux côtières. La fécondité varie de 3 000 à 22 000
oeufs dont le diamètre, lorsqu'ils sont matures, est de 4,4 à 4,7 mm.
L'éclosion a lieu d'août à octobre.
Exploitation
Des captures de cette espèce sont déclarées depuis 1976/77. La
grande-gueule épineuse a tout d'abord fait partie des espèces des captures
accessoires de la pêcherie au chalut de fond visant le poisson des glaces.
Ce n'est qu'en de rares occasions, en 1977/78 en Géorgie du Sud par
exemple, que l'espèce a été visée par la pêcherie. Les captures annuelles
déclarées n'ont jamais dépassé quelques milliers de tonnes par sous-zone
statistique. Il est toutefois clair qu'une partie des captures accessoires
d'autres pêcheries n'a pas été déclarée. La pêche a été fermée par la
CCAMLR en 1989 quand les évaluations des stocks ont indiqué que certains
stocks étaient passés à moins de 50% de leur taille d'avant
l'exploitation.
État de la ressource
Les campagnes d'évaluation laissent entendre que les stocks des abords de
la Géorgie du Sud et de l'île Éléphant ont en grande partie récupéré
depuis leur surexploitation. On ignore l'état du stock des alentours des
îles Orcades du Sud.
Crocodile de Géorgie (Pseudochaenichthys
georgianus)
Répartition
Le crocodile de Géorgie est signalé au large des îles de l'arc du Scotia
et de la partie nord de la péninsule Antarctique jusqu'à 475 m de
profondeur.
Taille et âge
L'espèce atteint 55 à 60 cm de longueur pour un poids de 2 000 à 2 500 g.
Des spécimens de 15 ans ont été relevés, mais la détermination de l'âge
varie considérablement selon les chercheurs.
Biologie
Le crocodile de Géorgie se nourrit presque exclusivement de krill et de
poisson. En Géorgie du Sud, il pond pendant l'automne austral (de mars à
mai). La fécondité varie de 5 000 à 11 000 oeufs d'un maximum de 4,8 mm de
diamètre. L'éclosion a lieu d'août à octobre.
Exploitation
Des captures de cette espèce sont déclarées depuis 1976/77. Le crocodile
de Géorgie a régulièrement fait partie des captures accessoires de la
pêche au chalut de fond, mais n'a été visé qu'en de rares occasions, en
1977/78 en Géorgie du Sud par exemple, ou en 1979/80 aux îles Orcades du
Sud. Les captures annuelles déclarées ont dépassé quelques milliers de
tonnes par sous-zone statistique en 1977/78. Il est toutefois clair que la
partie capturée accessoirement par d'autres pêcheries n'a pas été
déclarée. La pêche a été fermée en 1989 lorsque, de toute évidence, les
stocks de Géorgie du Sud et du large des Orcades du Sud étaient épuisés.
État de la ressource
Le stock de Géorgie du Sud semble avoir en partie récupéré des suites de
l'exploitation de la fin des années 70 au début des années 80. L'état du
stock autour des îles Orcades du Sud est inconnu.
Lithodes (Paralomis
spinosissima et P. formosa)
Répartition
Ces espèces ont été rencontrées aux îles Orcades du Sud, mais c'est dans
la région de la Géorgie du Sud et des îlots Shag qu'elles semblent être
le plus abondantes. Leur intervalle bathymétrique s'étend de 100 m à
plus de 1 000 m.
Taille et âge
En Géorgie du Sud, la longueur maximale de la carapace des mâles et des
femelles de P. spinosissima est respectivement de 122 mm et de 112
mm et celle des mâles de P. formosa est de 102 mm. On ne dispose
pas encore d'estimations d'âges.
Biologie
Sur la biologie de ces deux espèces, on ne dispose que d'estimations de la
longueur à la maturité sexuelle. Les femelles de P. spinosissima
sont matures lorsque leur carapace atteint 62 mm de longueur, les mâles,
lorsqu'ils atteignent 66 mm de long aux îlots Shag et 75 mm en Géorgie du
Sud; les mâles de P. formosa en Géorgie du Sud sont matures lorsque
leur carapace atteint 80 mm de longueur.
Exploitation
P. spinosissima était la principale espèce visée par la pêcherie de
crabe expérimentale menée dans le secteur des îlots Shag et de la Géorgie
du Sud de 1992/93 à 1995/96. La pêche était effectuée au casier; tout
autre engin de fond était interdit. Elle était limitée aux crabes mâles
matures. Un TAC annuel de 1 600 tonnes était imposé à la pêcherie. La
seule unité de pêche ayant participé, une unité des États-Unis, a capturé
835 tonnes de crabes sur trois saisons (voir section 1.2). Par manque de
rentabilité, la pêche a été abandonnée après la saison 1995/96.
État de la ressource
L'effet de la pêche sur les stocks est à ce jour inconnu.
Martialia hyadesi
Répartition
Le calmar Martialia hyadesi est une espèce circumantarctique dont
la répartition est proche de celle du front polaire antarctique.
Particulièrement abondant dans le secteur sud-ouest de l'océan
Atlantique, il a également été rencontré à proximité des îles Kerguelen
et Macquarie.
Taille et âge
La longueur maximale du manteau de cette espèce est de 50 cm et il
semblerait qu'elle ait une longévité de deux ans.
Biologie
M. hyadesi se nourrit principalement de poissons mésopélagiques
tels que les poissonslanternes. Il ne se reproduit qu'une fois au cours de
sa vie. Ses lieux de frai ne sont pas connus, mais la capture de quelques
petits juvéniles sur le bord du plateau de Patagonie laisse entendre
qu'une partie de la reproduction pourrait avoir lieu à cet endroit. Cette
espèce forme une grande partie du régime alimentaire de la légine, de
l'éléphant de mer austral, des albatros à tête grise et à sourcils noirs
et du pétrel à menton blanc qui, tous, se nourrissent de calmars.
Exploitation
M. hyadesi est capturé régulièrement en petite quantité sur la
bordure de l'extrémité orientale du plateau de Patagonie dans la pêcherie
du calmar Illex argentinus. Certaines années, lorsque les
conditions océanographiques sont favorables, il est présent en bien plus
grande quantité dans cette pêcherie. Quelque 26 000 tonnes ont été
capturées en 1995 sur le talus du plateau de Patagonie, au nord-est des
îles Malouines. Il existe actuellement une pêcherie exploratoire de M.
hyadesi dans la sous-zone 48.3 (Géorgie du Sud) et environ 80 tonnes ont
été capturées en 1996/97.
État de la ressource
L'état des stocks est inconnu.
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