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3.3 Application du concept de gestion tenant compte de l'écosystème – Mortalité accidentelle d'oiseaux marins et impact de la pêche sur l'environnement [Retour à la table des matières] La CCAMLR s'est attaquée à trois problèmes importants liés à la mortalité d'animaux marins causée directement ou indirectement par des activités humaines, notamment (si ce n'est exclusivement) la pêche :
Le début de la pêche à la palangre date du milieu des années 80 où elle visait la légine australe. Confinée au départ aux eaux entourant les îlots Shag, la Géorgie du Sud et les îles Kerguelen, elle s'est rapidement étendue ces dernières années en d'autres lieux de pêche, dont plusieurs sont situés à proximité d'îles subantarctiques fréquentées par de larges colonies reproductrices d'albatros et de pétrels ou dans le secteur d'alimentation de ces oiseaux. De nombreux albatros et pétrels périssent lorsqu'ils tentent d'attraper les appâts de calmar ou de poisson sur les hameçons fixés sur les lignes, lors de la pose de palangres. La CCAMLR se retrouve donc confrontée à un problème de conservation des plus importants, non seulement dans la zone de la Convention, mais dans les régions au nord de celles-ci où se trouvent des espèces auxquelles elle porte un intérêt particulier. Le problème est double :
En 1989, la Commission priait instamment ses membres qui menaient des opérations de pêche à la palangre de mettre en place, au plus tôt, des méthodes qui réduiraient au minimum la mortalité accidentelle d'oiseaux marins (d'albatros notamment) causée par l'utilisation de palangres. En 1991, elle adoptait la première mesure de conservation selon laquelle les navires menant des opérations de pêche à la palangre sur la légine australe dans la zone de la Convention devaient utiliser ces méthodes (en particulier des lignes de banderoles qui devaient dissuader les oiseaux d'attraper les appâts). La déclaration de la mortalité accidentelle d'oiseaux marins par les observateurs scientifiques embarqués sur ces navires s'est vu attribuer une plus grande priorité qu'elle n'en avait jusque-là. En 1993, le Comité scientifique établissait le groupe de travail ad hoc sur la mortalité accidentelle induite par la pêche à la palangre (WG-IMALF) qui devait revoir toute la question, en se référant en particulier à la zone de la Convention et aux données rapportées par les navires pêchant dans cette zone. Le rapport du groupe au Comité scientifique en 1994 mettait en évidence le sérieux du problème à l'égard des albatros de l'océan Austral et le fait que ces derniers couraient un plus grand risque en dehors de la zone de la Convention qu'à l'intérieur. Il précisait également que le prélèvement d'appâts par les oiseaux marins réduisait considérablement la capture de poissons, et que les pêcheurs eux-mêmes ne pouvaient donc que bénéficier de l'aide qu'ils pourraient apporter pour résoudre le problème. Ayant examiné divers moyens de réduire la mortalité accidentelle, la CCAMLR décida d'inclure dans ses mesures de conservation une disposition selon laquelle les palangres devaient être posées de nuit et il serait interdit de rejeter en mer les déchets (qui attirent les oiseaux) pendant la pose de la ligne. Elle exigea par ailleurs la présence d'observateurs scientifiques internationaux sur tous les palangriers menant des opérations de pêche dans la zone de la Convention en dehors des eaux nationales. En 1995, le WG-IMALF ad hoc, qui se réunit dorénavant dans le cadre du WG-FSA, souligna d'une part, que les données fournies par les observateurs scientifiques étaient essentielles pour garantir une déclaration précise de la mortalité accidentelle, d'autre part, que la pose nocturne des palangres réduisait la mortalité des albatros d'environ 80% et enfin que les lignes de banderoles, si elles étaient correctement posées, étaient également efficaces pour réduire le taux de capture des oiseaux. Trois nouveaux points d'inquiétude sont soulevés :
Ces problèmes sont toujours en cours d'examen. Les données les plus récentes (de la saison de pêche 1997/98) confirment que la pose nocturne, combinée avec une utilisation correcte de lignes de banderoles, élimine presque entièrement la mortalité d'albatros, si ce n'est celle de pétrels à menton blanc. Des captures importantes d'oiseaux se produisent toujours lorsque les navires posent leurs lignes de jour, au crépuscule ou au clair de lune sans déployer de lignes de banderoles. Une analyse détaillée du rapport entre l'époque de l'année et les risques encourus par les albatros et les pétrels à cause de la pêche à la palangre dans la zone de la Convention a indiqué que ces risques seraient largement diminués si l'ouverture de la pêche à la palangre était repoussée du 1er mars au 1er mai (au moins jusqu'à ce que tous les navires respectent les conditions de pose nocturne et d'utilisation de lignes de banderoles). En 1997, la Commission a donc convenu de repousser l'ouverture de la saison de pêche à la palangre de 1998 au 1er avril, en signifiant son intention de repousser celle de 1999 au 1er mai. La date du 15 avril 1999 a finalement été convenue en 1998. La pêche illégale, non réglementée et non déclarée (pêche IUU) s'est révélée une question particulièrement préoccupante lors de la réunion de la CCAMLR en 1997. Le WG-IMALF ad hoc estimait que la capture accidentelle d'oiseaux de mer dans la pêche à la palangre réglementée s'élevait, en 1997, à environ 5 700 oiseaux (dont 40% d'albatros et 48% de pétrels à menton blanc) dans le secteur de l'océan Atlantique et 1 000 oiseaux (dont 23% d'albatros et 73% de pétrels à menton blanc) dans le secteur de l'océan Indien. Vu le rapport établi entre la capture de poissons et la capture accidentelle d'oiseaux de mer et la capture estimée de poissons dans la pêche IUU, la capture accidentelle d'oiseaux de mer de la pêche IUU aurait pu s'élever à 16 600 - 26 900 oiseaux si, en ce qui concerne la mesure de conservation visant à réduire la capture accidentelle des oiseaux de mer, les navires menaient leurs opérations comme un navire type de la pêche réglementée, ou à 66 000 - 107 000 oiseaux s'ils les menaient comme le navire réglementé le moins efficace. Dans les deux cas, il est évident que la capture accidentelle d'oiseaux de mer dans la pêche IUU était au moins 20 fois plus importante que celle de la pêche réglementée. Ce niveau ne peut être durable pour les populations d'albatros et de pétrels concernées, parmi lesquelles on note deux espèces d'albatros (le grand albatros et l'albatros à tête grise (Diomedea chrysostoma)) classées dans la catégorie des espèces "menacées dans le monde entier". La Commission, considérant que ce problème était des plus graves, a tenté de le résoudre lors de ses réunions de 1997 et 1998. Néanmoins, la promptitude avec laquelle la CCAMLR a mis au point et appliqué des méthodes de réduction de la mortalité des albatros, parallèlement à la bonne volonté de nombreux capitaines de navires de pêche à coopérer avec les observateurs scientifiques, a grandement contribué à maîtriser ce problème au sein de la pêcherie réglementée en attendant que des solutions encore plus efficaces à long terme (telles que la pose sous-marine des palangres) puissent être testées et appliquées sur tous les palangriers pêchant dans la zone de la Convention. Pour aider les pêcheurs à réduire au minimum la capture accidentelle d'oiseaux de mer dans les pêcheries à la palangre de fond, la CCAMLR a publié la brochure intitulée Pêcher en mer, pas en l'air, dans laquelle sont décrites des méthodes permettant d'éviter la capture accidentelle des oiseaux de mer. Ce livre a été distribué à tous les membres de la CCAMLR et à de nombreuses agences internationales de pêche et divers armements. Il est censé se trouver à bord des palangriers pêchant dans la zone de la Convention. La CCAMLR s'est toujours efforcée de sensibiliser le public à la situation critique des albatros et pétrels de l'océan Austral, et aux mesures qu'elle prend pour s'attaquer à ce problème. Elle a fortement incité de nombreuses agences, conventions et commissions de pêche à prendre les mesures voulues dans les régions d'hivernage des albatros et des pétrels, notamment relativement à la pêche à la palangre pélagique au thon et à la pêche à la palangre d'autres espèces de poissons au large du plateau côtier et de la pente continentale. La mortalité des albatros avait pour autre cause, secondaire il est vrai, la collision des albatros (et autres oiseaux de mer) avec les câbles électro-porteurs qui servent à contrôler le remplissage des chaluts de fond. La Commission a interdit l'utilisation de ces dispositifs dès l'ouverture de la saison 1994/95.
L'enchevêtrement de mammifères marins dans des débris de fabrication humaine reste un problème constant dans la zone de la Convention. En 1989, le Commission était informé que, de plus en plus souvent, des otaries de Kerguelen se trouvaient enchevêtrées dans des débris marins, notamment des morceaux de filets de pêche, à une fréquence telle que plusieurs milliers d'entre elles devaient être ainsi tuées chaque année. La CCAMLR a intensifié sa campagne promouvant le respect des dispositions de l'annexe 5 de la Convention marine pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) dans la zone de sa Convention. Elle a de plus procuré à tous les navires de pêche des informations (placards, affiches) sur la nécessité d'éviter de jeter des débris par-dessus bord ou, si cela est indispensable, de garantir que tous les objets susceptibles de former des boucles sont bien coupés. Le programme sur le terrain visant à contrôler la fréquence des cas d'enchevêtrement des otaries de Kerguelen en Géorgie du Sud indiquait que le nombre d'animaux enchevêtrés dans les filets avait nettement diminué avec la mise en application de cette mesure (à une époque où, il est vrai, la pêcherie au chalut était également en diminution dans la région) mais qu'ils étaient de plus en plus nombreux à s'enchevêtrer dans des courroies d'emballage en polypropylène. La CCAMLR a ensuite introduit une mesure de conservation exigeant que l'usage de ces courroies, utilisées principalement pour sceller les caisses d'appât, soit progressivement supprimé sur tous les navires de pêche d'ici à 1995/96, et sur tous les navires circulant dans la zone de la Convention d'ici à 1996/97. Par la suite, le taux d'enchevêtrement des otaries de Kerguelen dans des courroies d'emballage a baissé. De plus, les quelques courroies retrouvées sur les côtes avaient presque toutes été coupées. De nos jours, c'est le plus souvent dans des morceaux de palangres que sont enchevêtrées les otaries. Il est donc essentiel de continuer à informer les pêcheurs qu'ils ne doivent rien rejeter par-dessus bord, surtout si leur geste risque de mettre la vie des animaux marins en danger. À plus grande échelle, la CCAMLR tente de contrôler le niveau des débris marins dans l'océan Austral en enregistrant systématiquement la fréquence à laquelle on peut observer ces débris échoués sur certaines plages antarctiques et subantarctiques données. En général, la quantité de débris, provenant en grande partie des navires de pêche, ne semble pas fléchir (sauf peut-être en raison de la réduction de l'effort de pêche ces dernières années), et est suffisamment importante pour indiquer que les navires de pêche de l'océan Austral ont encore beaucoup à faire pour se conformer aux dispositions de MARPOL. La CCAMLR exige par ailleurs que ses Membres tiennent un registre des engins de pêche perdus dans la zone de la Convention.
Jusqu'à la fin des années 80, la plupart des opérations de pêche menées sur le poisson de l'océan Austral se faisaient au chalut de fond. Les engins de chalutage ont un effet néfaste sur l'environnement en raclant et labourant le fond marin, ce qui soulève les sédiments qui restent en suspension et détruit le benthos (la faune du fond marin). La richesse et la diversité de la faune benthique de l'océan Austral sont comparables à celles des régions tropicales, avec de nombreuses formes à vie longue et croissance lente. L'ampleur de l'effet des chaluts de fond sur la faune benthique de l'Antarctique, ainsi que de la destruction des habitats et frayères de poissons est inconnue. Pourtant, il est probable que tous ces effets soient de longue durée en raison de la fragilité et de la lente récupération des communautés de la faune benthique. Afin de réduire l'effet des chalutages sur les espèces non visées par la pêcherie et sur le fond marin, et conformément à son approche de l'écosystème, la CCAMLR a interdit l'utilisation de chaluts de fond dans la pêcherie au poisson des glaces autour de la Géorgie du Sud ainsi que la pêche dirigée sur certaines espèces de poissons démersales qui ne peuvent être capturées que par des chaluts de fond. 3.4 Application de l'approche de précaution – Protection des espèces non visées dans les pêcheries au chalut [Retour à la table des matières] L'approche monospécifique par laquelle sont établies des mesures de conservation pour chaque stock constitue un risque considérable pour les pêcheries qui, comme les pêcheries au chalut, ne visent pas de cibles précises mais exploitent des assemblages d'espèces mixtes. En conséquence, aux alentours de la Géorgie du Sud et des îles Orcades du Sud, de nombreuses espèces des captures accessoires de la pêcherie au chalut de fond, telles que la bocasse bossue, la grande-gueule antarctique et le crocodile de Géorgie se sont trouvées surexploitées au milieu des années 80. Grâce à l'approche plus souple de la CCAMLR, ces espèces sont désormais mieux préservées. Le total des captures admissibles (ou TAC) des espèces cibles est lié à celui des espèces des captures accessoires, ce qui signifie qu'une pêcherie peut être fermée lorsque le TAC de l'une des espèces des captures accessoires est atteint (même si le TAC de l'espèce cible n'a pas été atteint). Par ailleurs, la pêche d'une espèce cible peut soit être interdite en raison du risque qu'elle cause à une espèce de capture accessoire, comme cela est le cas pour la pêcherie de poisson des glaces autour des îles Orcades du Sud, soit n'être autorisée que si elle est effectuée au chalut pélagique, lequel ne capture qu'une faible proportion de captures accessoires d'espèces non visées.
La pêche de krill s'effectue dans les eaux pélagiques avec des chaluts à maillage fin. Les captures de krill peuvent quelquefois contenir une capture accessoire importante de larves et de juvéniles de poissons, tels que le poisson des glaces sur le plateau de la Géorgie du Sud. C'est souvent lorsque le krill est en concentrations moins denses ou en concentrations éparses que les captures accessoires sont le plus importantes. On ignore si l'ampleur des captures accessoires est telle, pour le poisson des glaces par exemple, que le recrutement en est menacé. La capture accessoire des juvéniles de poissons risque de susciter de l'inquiétude si les stocks reproducteurs de l'espèce exploitée diminuent à tel point que le recrutement commence à fléchir. La CCAMLR a demandé aux membres qui mènent des opérations de pêche au krill dans la zone de la Convention de fournir des informations sur la capture accessoire de juvéniles de poissons dans la pêcherie de krill. Elle a, en outre, établi un protocole pour les observations scientifiques à bord des chalutiers à krill. Selon les premiers résultats de ces recherches, il semble qu'il existe de grandes différences spatiales et saisonnières dans la présence de poissons dans les captures de krill, ce qui rend extrêmement difficile l'évaluation de l'ampleur de ces captures accessoires et de leur effet sur le recrutement des stocks de poissons. De plus, la plupart des études ont été entreprises durant l'été austral. La CCAMLR a demandé à ses membres d'intensifier leurs recherches sur la capture accessoire des juvéniles de poissons et d'en mener en d'autres saisons afin de lui permettre de mieux cerner où et quand les poissons sont le plus vulnérables à la pêche au krill, et d'agir en conséquence. 3.5
Application de l'approche de précaution – Pêcheries
nouvelles et exploratoires Les paragraphes ci-dessus examinent deux éléments clés de l'approche de gestion adoptée par la CCAMLR - l'approche de l'écosystème et celle de précaution. En accord avec cette dernière, la CCAMLR a reconnu que les pêcheries devraient être gérées dès leur mise en place et adopté des mesures de conservation qui fixent les conditions que doit respecter tout membre qui prévoit de mener des opérations de pêche sur une espèce, ou en un lieu, qui n'a jamais encore été exploité (figure 19). À ce stade de "nouvelle pêcherie", les membres sont tenus de notifier à la CCAMLR leur intention de mettre en place une nouvelle pêcherie et de fournir toutes les informations possibles sur la nature de la pêcherie proposée, la biologie de l'espèce cible et les effets possibles de la pêche sur les espèces dépendantes et voisines. La CCAMLR leur impose une limite de capture ou d'effort de pêche, voire les deux, et exige l'embarquement d'un observateur scientifique. Seuls les membres qui ont soumis les notifications sont autorisés à mettre en route de nouvelles pêcheries. Après une année d'exploitation, une nouvelle pêcherie devient une "pêcherie exploratoire". La mesure de conservation appliquée par la Commission en ce qui concerne les pêcheries exploratoires permet de garder la pêcherie sous une réglementation constante lors de la collecte des informations scientifiques qui permettront d'évaluer pleinement la pêcherie et les stocks concernés. Parmi les principaux éléments de la phase exploratoire, on note la mise en oeuvre d'un plan de collecte des données requises pour cette évaluation (figure 19). La CCAMLR cherche à garantir qu'une pêcherie exploratoire ne peut se développer plus vite que ne sont collectées les informations nécessaires pour gérer la pêcherie en vertu des principes de l'Article II. Pour garantir que les informations sont adéquates, le Comité scientifique est tenu d'élaborer (et, s'il le faut, de mettre à jour chaque année) un plan de collecte des données. Ce plan détermine le type de données nécessaires et la manière de les obtenir de la pêcherie exploratoire. Les membres concernés sont tenus de fournir un plan de recherche et d'opération de la pêcherie qui sera examiné par le Comité scientifique et la Commission, ainsi que de soumettre chaque année les données spécifiées par le plan de collecte des données. Le Comité scientifique fixe une limite préventive de capture à un niveau à peine plus élevé que celui qui permettrait d'obtenir les informations spécifiées dans le plan de collecte des données et d'entreprendre les évaluations. Les discussions de la CCAMLR sur les pêcheries nouvelles et exploratoires ont mis en relief l'intérêt de clarifier les décisions et les procédures de gestion aux divers stades du développement des pêcheries. L'accent a, en particulier, été mis sur la création de critères uniformes pour la reprise des pêcheries "abandonnées" (celles dont les opérations ont cessé il y a déjà un certain temps) et pour les pêcheries "fermées" (par une mesure de conservation) (figure 19). Alors que l'on s'accorde en général pour reconnaître la nécessité de suivre une procédure de notification (comme pour les pêcheries nouvelles et exploratoires) pour la reprise des pêcheries fermées ou abandonnées, il reste encore à déterminer dans quelle mesure et de quelle manière il conviendrait d'appliquer des nouvelles procédures (de collecte des données, par ex.). 4. Conclusion [Retour à la table des matières] La CCAMLR est à l'avant-garde du développement de la gestion des pêches, tant de précaution que fondée sur l'écosystème. Les divers détails et initiatives scientifiques développés dans ce document représentent, à l'heure de sa rédaction, la ligne directrice du Comité scientifique de la CCAMLR. Il est manifeste, toutefois, que la plupart des travaux décrits n'en sont qu'à leurs débuts et que leur influence ne pourra être évaluée dans l'immédiat. Le Comité scientifique a donc pour principal défi de s'assurer non seulement qu'il communique ses conclusions au reste du monde, mais également qu'il se tienne au courant de l'évolution de la gestion des pêches à l'échelle mondiale.Perçu comme étant plus simple que les autres systèmes, l'écosystème antarctique marin est pourtant tout aussi complexe, d'autant que ses dynamiques sont compliquées par un environnement rude et variable. Vient s'ajouter la complexité des activités humaines qui n'ont pas servi au mieux cet écosystème par le passé. Par son approche de précaution de la gestion, la CCAMLR tente donc de façon innovatrice de garantir qu'à l'avenir l'exploitation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique dans ce secteur ne répète pas les excès passés. Les scientifiques responsables de la formulation des avis de gestion pour la CCAMLR confrontent ainsi un sérieux défi. En conséquence, l'approche développée devait, tout en étant dynamique, tenir compte des hauts niveaux d'incertitude de manière à garantir sa mise en oeuvre pratique et efficace. Pour mieux comprendre le concept de gestion de la CCAMLR sert non seulement de référence, mais tente, tant par son détail que sa simplicité, de faire connaître les travaux du Comité scientifique. |