Pour mieux comprendre l'approche de gestion de la CCAMLR (Télécharger le texte) (Télécharger les figures)


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3. Concept de gestion de la CCAMLR           [Retour à la table des matières]

Les principaux éléments institutionnels de la CCAMLR sont la Commission (organe régulateur et habilité à fixer des directives) et le Comité scientifique (organe scientifique qui rend des avis de gestion). Ces avis de gestion sont fondés sur les évaluations réalisées par les deux groupes de travail du Comité scientifique : le groupe de travail sur le contrôle et la gestion de l'écosystème (WG-EMM), qui s'attache principalement d'une part, à évaluer et à développer des avis sur la pêche au krill et d'autre part, à analyser les données du programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP) et le Groupe de travail chargé de l'évaluation des stocks de poissons (WG-FSA), qui rend des avis de gestion sur les pêcheries autres que celle de krill. Ce dernier groupe évalue également la mortalité accidentelle des oiseaux marins et les interactions des opérations de pêche à la palangre et des espèces non-visées, telles que les cétacés. Les avis des groupes de travail sont transmis au Comité scientifique qui peut les ajuster grâce aux informations supplémentaires dont il dispose. Les avis de gestion sont ensuite renvoyés à la Commission.

3.1 Recherche scientifique dirigée – Collecte de données à des fins d'évaluation

La CCAMLR tire ses données de quatre sources principales :

• Des statistiques de capture et d'effort de pêche fournies par les membres qui mènent des opérations de pêche commerciale dans la zone de la Convention.

• Des informations biologiques et des informations sur les captures accessoires de poissons et sur la mortalité accidentelle d'oiseaux et de mammifères marins collectées par les observateurs nationaux ou internationaux à bord des navires de
pêche commerciale.

• Des informations biologiques et des estimations de biomasse obtenues lors de campagnes d'évaluation scientifique menées indépendamment de la pêche par les pays membres.

• Des informations biologiques sur les espèces dépendantes collectées par les pays membres dans le cadre du CEMP.

i) Statistiques de capture et d'effort de pêche               [Retour à la table des matières]

La zone de la Convention de la CCAMLR est divisée en zones, sous-zones et divisions statistiques (figure 8), convenues sur le plan international et reconnues par l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui est responsable de la collecte et de la publication des statistiques mondiales de pêche. Les trois zones statistiques sont : la zone 48 (secteur de l'océan Atlantique), la zone 58 (secteur de l'océan Indien) et la zone 88 (secteur de l'océan Pacifique). Dans ces zones, les sous-zones et divisions statistiques, délimitées en fonction des caractéristiques océanographiques et biologiques, comprennent des secteurs que sont censées fréquenter des populations relativement isolées de certaines espèces.

Le partage de la zone de la Convention en sous-zones et divisions a une double raison :

• de permettre la déclaration des données de pêche de chacun des stocks; et

• de rendre possible l'application de mesures de gestion en fonction du stock.

Le concept de stock est donc extrêmement important dans la définition des secteurs isolés. Bien qu'il soit souvent estimé que la plupart des stocks de la zone de la Convention sont restreints à des sous-zones et divisions statistiques spécifiques, il semble maintenant que certains d'entre eux soient répartis sur deux divisions ou sous-zones statistiques, voire davantage, ou qu'ils soient des stocks chevauchants selon la définition de la Convention des Nations Unies. Notons, à titre d'exemples :

• le krill, dans toutes les sous-zones;

• la légine australe de la sous-zone 48.3, qui semble ne constituer qu'un seul et même stock avec les poissons du secteur patagonien (à savoir les eaux nationales et internationales situées en dehors de la zone de la Convention); et

• les poissons-lanternes (les myctophidés, tels qu'E. carlsbergi) et les calmars (tels que M. hyadesi) que l'on rencontre des deux cotés du front polaire antarctique (à savoir au nord et au sud de la zone de la Convention).

L'acquisition et l'analyse des données de l'ensemble de l'intervalle géographique de ces stocks sont cruciales pour les évaluations, mais peuvent s'avérer difficiles en raison de la première définition qui a été donnée des zones statistiques et de la zone de la Convention même.

Les données de capture en provenance des pêcheries de la zone de la Convention sont déclarées à la CCAMLR par sous-zone et division. La plupart le sont maintenant sous un format à échelle précise (1° de longitude x 0,5° de latitude par période de 10 jours) ou même, pour certaines pêcheries, trait par trait. Il est ainsi possible, si besoin est, de définir pour les évaluations des zones plus petites ou plus grandes que les sous-zones et les divisions statistiques. Cependant, pour la gestion, les sous-zones et les divisions demeurent les unités de base.

ii) Système international d'observation scientifique de la CCAMLR         [Retour à la table des matières]

Tout régime de gestion repose essentiellement sur l'acquisition de données de haute qualité, qu'elles proviennent d'échantillonnages scientifiques pour certaines ou d'activités d'exploitation commerciale pour beaucoup. Les observateurs scientifiques embarqués sur un navire sont en mesure de fournir des informations détaillées sur les opérations de pêche de ce dernier. Cette responsabilité est différente de celle qui consiste à vérifier si les mesures de conservation sont bien respectées.

Le système international d'observation scientifique de la CCAMLR a été mis en place pendant la saison de pêche 1992/93. Conçu pour rassembler des informations sur les activités de pêche de la zone de la Convention, il permet d'obtenir le détail des opérations des navires, des données biologiques sur les espèces capturées et les cas de mortalité accidentelle d'espèces non visées.

Le système fonctionne par le biais d'accords bilatéraux entre membres de la CCAMLR, permettant l'échange d'observateurs (c.-à-d. qu'un observateur d'un État membre sera en mission sur le navire d'un autre État membre). Les observateurs scientifiques doivent être des ressortissants du pays membre qui les aura désignés. Les États membres qui se livrent à la Toutefois, le système international d'observation scientifique de la CCAMLR est souvent le moyen le plus efficace d'obtenir des données et des informations fiables des pêcheries et également de former l'équipage des navires sur les mesures conçues pour réduire la mortalité accidentelle des oiseaux marins. La présence d'observateurs est obligatoire sur les palangriers des membres de la CCAMLR qui se livrent à la pêche à la légine australe dans la zone de la Convention. En 1995, la Commission a approuvé la recommandation du Comité scientifique selon laquelle il serait bon d'imposer l'observation à 100% de toutes les pêcheries de poissons de la zone de la Convention.

iii) Estimation de l'abondance à partir de campagnes d'évaluation menées indépendamment des pêcheries                   [Retour à la table des matières]

Les estimations d'abondance sont essentielles pour évaluer la taille des stocks. Deux principaux types de prospections peuvent servir à estimer l'abondance d'espèces de poisson, de krill et de calmar : les prospections acoustiques et les prospections au filet.

Les premières utilisent des échosondeurs étalonnés qui, d'un transducteur monté dans la coque d'un navire qui se déplace en suivant un cap donné, transmettent des impulsions sonores à haute fréquence qui descendent à la verticale dans la colonne d'eau. Le fond marin et les objets qui se trouvent dans l'eau, comme les poissons, réfléchissent les sons vers le navire. La durée entre la transmission des sons et leur retour au navire sert à estimer la profondeur du fond marin ou des cibles qui sont dans l'eau. La proportion de l'énergie sonore qui est réfléchie sert à calculer la quantité de cibles individuelles présentes dans la colonne d'eau. Différentes espèces ont des caractéristiques acoustiques différentes, ce qui peut aider à identifier sur quoi buttent les sons. Malgré tout, le meilleur moyen de déterminer la source de l'écho est d'échantillonner les espèces présentes dans l'eau au moyen de filets. On utilise ensuite des méthodes électroniques et de traitement des données pour intégrer la quantité totale de sons réfléchis de manière à ce que le signal intégré soit proportionnel à la densité des animaux le long du cours suivi par le navire de recherche. L'abondance absolue des animaux est alors estimée en étalonnant l'échosondeur à partir d'espèces connues, en estimant les sons réfléchis par les individus des espèces qui nous intéressent et en portant la densité à l'échelle de la surface totale de la prospection.

Exemples de prospections acoustiques : les campagnes d'évaluation du krill menées dans le cadre du programme international de recherches biologiques sur les systèmes et les réserves marines de l'Antarctique (BIOMASS) – FIBEX (Première expérience internationale BIOMASS) en 1981 et SIBEX (Seconde expérience internationale BIOMASS) de 1983 à 85; le programme sur les ressources marines vivantes de l'Antarctique (AMLR) mené par les États-Unis depuis 1988/89 dans le secteur des îles Éléphant/du roi George; et la campagne australienne d'évaluation de la biomasse du krill réalisée dans la division 58.4.1 en 1996.

Lors d'une campagne d'évaluation au filet, le chalut ou les filets à plancton sont remorqués dans l'eau, ou sur le fond, sur une distance mesurée. Un chalut industriel, de par sa large ouverture et son maillage grossier, capture des poissons de grande taille. Par contre, les filets à plancton ont une petite ouverture et un maillage fin; bien qu'en théorie ils puissent capturer des poissons et du krill de toute taille, leur remorquage est assez lent ce qui permet aux individus de grande taille de s'échapper.

En conséquence, ces deux types de prospection au filet sont utiles pour évaluer un stock. Les filets industriels collectent des informations sur la plus grande partie du stock, à savoir les reproducteurs, alors que les filets à plancton en donnent sur les juvéniles qui ne sont pas encore recrutés dans la pêcherie. La capture totale de chaque espèce divisée en fonction de la surface ou du volume pêché donne des estimations de la densité des animaux dans le secteur chaluté. Il est possible, en réalisant de tels chalutages sur des sites choisis au hasard, d'estimer la densité moyenne de la zone couverte.

Exemples d'évaluations par chalutages : les campagnes d'évaluation des poissons démersaux menées par le Royaume-Uni autour de la Géorgie du Sud depuis 1988/89, et les campagnes d'évaluation du krill et du poisson réalisées dans les régions de l'île Éléphant et de l'île du roi George par l'Allemagne depuis 1977/78 et par les États-Unis depuis 1988/89.

L'acoustique permet de sonder assez vite un vaste secteur d'océan, mais les informations recueillies nécessitent tout de même d'être évaluées parallèlement aux données biologiques dérivées des captures effectuées au filet. Les filets donnent des informations détaillées sur des secteurs restreints, mais ce type de prospection prend longtemps à réaliser.

iv) Informations biologiques                  [Retour à la table des matières]

Les paramètres biologiques, notamment les caractéristiques de la reproduction, les courbes de croissance et les taux de mortalité naturelle, sont les éléments clés de tous les types de calculs de rendement décrits au paragraphe 2 ii) de la troisième section. Les informations sur ces paramètres sont collectées tant durant les campagnes d'évaluation scientifique que pendant les opérations de pêche commerciale.

La courbe de croissance d'un échantillon de poissons est en principe estimée en mesurant la longueur et le poids de ceux-ci pour ensuite les représenter graphiquement par rapport à l'âge. Mesurer la longueur et le poids est assez simple, mais estimer l'âge est beaucoup plus difficile. Chez les poissons, on tente généralement pour y parvenir de compter les anneaux sur les écailles ou les otolithes (os de l'oreille). Ces anneaux, comme les anneaux de croissance des arbres, s'accumulent les uns aux autres, non pas forcément chaque année, mais régulièrement tout au long de la vie. Cependant, il est souvent difficile de les compter, notamment chez les animaux les plus âgés, car les anneaux sont souvent difficiles à distinguer les uns des autres et parfois, leur dépôt annuel ne peut être validé. Chez les crustacés, comme le krill, cette méthode n'est pas du tout valable car ceux-ci changent d'exosquelette et ne conservent aucune pièce dure toute la vie (sinon dans les yeux). Cependant, les espèces telles que le krill, dont la saison de reproduction est courte et annuelle, et qui ont une durée de vie de six ou sept ans, montrent souvent des modes distincts dans leurs fréquences de longueurs. Ceux-ci peuvent être liés à leur âge, car les individus de krill nés la même année (dans la même cohorte) grossissent à la même vitesse et ainsi se différencient des groupes nés en d'autres années. Ces cohortes constituent la "structure" d'un stock.

Le taux de mortalité naturelle, taux auquel les animaux meurent de prédation, de maladie, de parasites ou de sénescence, est un paramètre qui, chez les populations exploitées, est manifestement difficile à estimer - les poissons et le krill de l'Antarctique ne faisant pas exception. En effet, dès qu'une espèce fait l'objet de la pêche, il est impossible, par un examen direct de la structure du stock, de distinguer la mortalité due à la pêche de la mortalité naturelle. Diverses méthodes servent à évaluer les taux de mortalité naturelle dans les évaluations des stocks de poissons. D'un extrême à l'autre, on note des méthodes générales qui associent les taux de croissance à la mortalité naturelle chez un grand nombre d'espèces, et des méthodes consistant à prélever un échantillon au hasard (avant que la pêche commerciale ne commence) d'individus dont les âges sont ensuite estimés. En principe, on préfère ces dernières méthodes par lesquelles sont effectuées des estimations directes de la mortalité naturelle, dans la mesure où l'échantillon des lectures d'âge est représentatif du stock et la population elle-même est inexploitée et équilibrée. Il est toutefois généralement difficile de remplir ces deux critères à la fois. De surcroît, étant donné la fluctuation du recrutement de la plupart des espèces marines d'une année à une autre, le nombre de poissons de chaque classe d'âge est très variable. En conséquence, les estimations des taux de mortalité naturelle (M) d'une espèce peuvent varier considérablement. Le poisson des glaces dont les estimations de M varieraient de 0,2 à 0,6 et le krill, dont M varierait de 0,6 à 1,2, en sont des exemples typiques.

Ainsi, une incertitude considérable est généralement liée aux paramètres biologiques clés qui servent dans les évaluations. Dans les modèles d'évaluation déterministes, tels que l'analyse de la population virtuelle et les analyses du rendement par recrue, qui sont largement utilisés dans le monde dans les conventions de pêche, vu la difficulté de tenir compte de cette incertitude, il est nécessaire de travailler davantage au développement d'une approche plus systématique de l'évaluation des effets de l'incertitude sur les résultats. Dans les projections stochastiques, certains des effets de l'incertitude liée aux paramètres sont déjà inclus dans les analyses du fait que l'on attribue une valeur différente aux paramètres biologiques dans chacune des nombreuses simulations utilisées pour calculer l'état du stock à l'avenir.

v) Contrôle des espèces dépendantes                         [Retour à la table des matières]

Outre l'évaluation de l'état des stocks exploités, la CCAMLR, dans le cadre de son concept de gestion tenant compte de l'écosystème, surveille certaines espèces dépendantes sélectionnées par le CEMP.

Ce programme a deux objectifs principaux : détecter et enregistrer les changements importants relevés dans les composantes critiques de l'écosystème en vue de fournir les informations relatives à la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, et distinguer les changements dus à l'exploitation des espèces commerciales de ceux causés par la variabilité, tant physique que biologique, de l'environnement.

Le Comité scientifique s'est vite rendu compte qu'il serait impossible de surveiller l'écosystème dans sa totalité. Il a donc sélectionné des espèces dans quelques zones clés et les paramètres les plus susceptibles de refléter les changements affectant l'écosystème et la disponibilité des espèces exploitées, notamment du krill. L'inclusion d'une espèce dans le programme repose également sur le fait qu'elle puisse éventuellement indiquer l'état de certains éléments de l'écosystème qui seraient affectés par les pêcheries.

De plus, d'autres paramètres environnementaux, tels que des informations hydrographiques et sur la couverture de glace de mer, ont été sélectionnés pour contrôler les tendances de l'environnement physique. Le contrôle des espèces choisies et l'évaluation des rapports numériques et fonctionnels entre eux et d'autres composantes de l'écosystème contribuent à la détection et à l'enregistrement des changements importants affectant les composantes critiques de l'écosystème (1er objectif). Le contrôle des espèces proies, ainsi que l'évaluation des paramètres environnementaux et des liens entre ces derniers et les prédateurs aident à distinguer les changements dus à l'exploitation de ceux causés par la variabilité environnementale (2e objectif).

La sélection des espèces, de leurs paramètres biologiques et des sites auxquels ils sont contrôlés s'est faite en fonction de critères précis. Les espèces de proies ont été choisies pour leur position clé dans les écosystèmes antarctiques et leurs possibilités en tant que ressources exploitables. Elles concernent le krill, la calandre antarctique Pleuragramma antarcticum, Euphausia crystallorophias (qui remplace le krill en tant que proies en certaines régions de la zone antarctique de haute latitude) et le poisson aux premiers stades larvaires. Les espèces de prédateurs ont été choisies en fonction des critères suivants : ils devaient se nourrir principalement des espèces de proies identifiées, avoir une large répartition géographique, et représenter d'importantes composantes de l'écosystème. En outre, leur biologie devait être suffisamment connue et l'on devait disposer d'assez de données de base sur les paramètres à contrôler pour mettre en place un programme de contrôle scientifique. Sur la liste actuelle figurent le phoque crabier et l'otarie de Kerguelen, les manchots Adélie, à jugulaire et papou, le gorfou macaroni, les pétrels antarctique et du Cap, et l'albatros à sourcils noirs (cf. annexe II).

vi) Sites de contrôle                              [Retour à la table des matières]

Un ensemble clé de sites a été sélectionné au sein de trois zones d'étude intégrée (ISR) (figure 9), et un réseau plus large de sites complémentaires (figure 9) a été proposé. Dans les ISR, les sites ont été choisis de manière à ce que les chercheurs puissent y distinguer d'une part, les changements à grande échelle de ceux à échelle locale et d'autre part, les changements affectant les secteurs exploités de ceux affectant les secteurs non exploités. Leur position a toutefois également été limitée par des considérations logistiques, notamment la présence de bases établies et la disponibilité de jeux de données de longue date. La sélection des sites de "contrôle" a été très difficile en raison de l'importance prévue de l'échelle géographique des changements à étudier, ainsi que du fait que les sites devaient se trouver en dehors de ces vastes zones tout en ayant des caractéristiques environnementales et biologiques comparables et qu'ils devaient permettre un contrôle à long terme.

Plusieurs paramètres sont contrôlés pour chaque espèce de prédateurs. Il est prévu que ces paramètres reflètent les changements affectant l'écosystème à des échelles géographique et temporelle variant de quelques semaines et à proximité des sites de contrôle (la durée des sorties alimentaires ou la composition du régime alimentaire des jeunes, par ex.) à six mois ou un an et à toute la région (le poids des oiseaux qui vont se reproduire, le succès de la reproduction, la taille de la population).

Les méthodes de contrôle des paramètres environnementaux de la couverture de glace de mer, de la météorologie locale et de la couverture de neige sont déjà convenues. Les conditions des glaces de mer et hydrographiques influencent tant la répartition, l'abondance, les mouvements (flux) et le recrutement de krill (figure 10), que la répartition, le taux de survie pendant l'hiver et la date d'arrivée et l'accès aux colonies de reproduction de ses prédateurs, tels que les manchots. Les paramètres de contrôle des conditions environnementales et de l'état des espèces de proie sont en cours de développement.

Le WG-EMM guide le CEMP, notamment à l'égard de la conception et de la coordination de la recherche, de l'acquisition des données par les méthodes standard et du stockage centralisé et de l'analyse de ces données. De plus, il met fortement l'accent sur une recherche empirique et sur une recherche fondée sur la modélisation, qui permettent d'ajuster l'approche de contrôle en fonction des développements méthodologiques et de créer une base scientifique solide à partir de laquelle il est possible d'évaluer les effets de divers modes de gestion de l'écosystème antarctique. Le dernier lien dans le système de contrôle est un mécanisme de gestion qui réglemente l'exploitation marine.

Dans le cadre de ce programme, les travaux sur le terrain et l'acquisition des données sont réalisés à titre volontaire par les États membres de la CCAMLR. Les données que ces derniers collectent sont envoyées au secrétariat de la CCAMLR qui réalise des analyses standard pour le WG-EMM. Par ailleurs, le secrétariat collecte et archive les données obtenues par télédétection, comme par exemple les données obtenues par satellite sur les glaces de mer et la température de la mer en surface. Le WG-EMM analyse ces données pour en dériver chaque année une évaluation de l'écosystème. Les tendances des paramètres contrôlés et les années anormales sont identifiées pour chaque espèce et site, et l'on cherche à expliquer ces phénomènes en examinant les paramètres contrôlés des espèces exploitées et de l'environnement. Depuis la mise en place des méthodes standard pour le contrôle de ces paramètres en 1987, la CCAMLR a collecté des données de plus de 80 combinaisons de sites, espèces et paramètres. Les premières données de certaines séries datent de la fin des années 50, mais pour la plupart, elles commencent vers le milieu des années 80, avec la création du CEMP.